Description
En tant que « yeux et oreilles » de leurs communautés et de leurs nations respectives, les patrouilles territoriales autochtones, appelées localement « Gardes autochtones », associent les connaissances ancestrales à des technologies modernes de suivi (GPS, pièges photographiques, drones et systèmes d'alerte à la déforestation) afin de détecter, signaler et dissuader en temps réel les menaces environnementales pesant sur leurs vastes territoires. Les informations et preuves recueillies lors de ces patrouilles sont ensuite transmises aux dirigeants et aux assemblées communautaires, favorisant une action collective pour élaborer des stratégies de gestion et de défense territoriales fondées sur les systèmes traditionnels de gouvernance. Cette démarche conduit notamment à l'élaboration de règles et de mandats autochtones visant à permettre l'expulsion non violente d'acteurs illégaux, tels que les exploitants miniers, les bûcherons ou les braconniers, ainsi qu'à faire respecter les réglementations communautaires relatives à la chasse et à la pêche.
Fort de dix années d'expérience auprès des peuples Kofan, Siona, Siekopai et Waorani, Amazon Frontlines souhaite étendre les stratégies de défense territoriale dirigées par les peuples autochtones à plus d'un million d'hectares de forêt tropicale primaire, en fournissant aux Gardes autochtones les formations, les équipements et les réseaux nécessaires pour protéger leurs territoires face à des pressions environnementales croissantes.
Entre 2025 et 2028, le projet prévoit d'étendre ce modèle de formation et de renforcement des capacités à six nations autochtones et soixante-seize communautés de la forêt amazonienne. Il vise à consolider les patrouilles existantes tout en accompagnant la création de nouvelles unités au sein des peuples Kichwa et Shuar.
L'accompagnement proposé dans chaque territoire porte sur la mise en œuvre des technologies de suivi, mais également sur l'organisation d'assemblées communautaires destinées à analyser collectivement les menaces, à faciliter la prise de décision et à élaborer des règles territoriales encadrant l'accès et l'utilisation des territoires, dans le cadre de la gestion forestière autochtone.
Afin de renforcer la coopération régionale entre les Gardes autochtones, le projet prévoit également le développement de l'École de défense territoriale, réunissant des représentants des six nations participantes dans le cadre d'un programme d'échange de connaissances et de compétences. Cette initiative vise à fournir les formations théoriques et techniques nécessaires au renforcement des systèmes de gouvernance territoriale autochtone, afin d'assurer la protection immédiate et à long terme de la Haute Amazonie.
